The L.E.D. shoes day — François Lancien-Guilberteau

Ostrénanie!, Ygrec, Paris, 2017.

(Crédits: A. Mole)

Œuvre réalisée dans le cadre des résidences organisées par Orange Rouge, en collaboration avec les élèves du collège Beau Soleil, Chelles (77) : Béni Assabe, Simon Boutte, Cécile Cohen, Fodié Diakhite, Ayoub Hajji, Enrick Lucius, Rémi Marcoin, Lucie Marques, Djibril Mebrouk, Carla Mora, Rayan Nadour, Gnouh-Leleng Pignandi, Maxence Rochambeau, Etienne Vaz Moreno, leur enseignante Charlotte Veglia et les AVS Sylvie Meline, Laurie-Anne Ribeiro et Souad Azzouzi.

 

Pour son atelier, François s’est inspiré d’un de ces phénomènes de mode, engouements collectifs aussi soudains que contagieux surtout lorsqu’ils concernent les adolescents, le pic de popularité des phénomènes trendy étant généralement concomitant de leur disparition. Quand l’atelier débuta, c’était la mode des tennis à LED, qui ont d’ailleurs fait l’objet d’une réglementation dans certains lycées pour cause de perturbation. François a acheté des tennis LED pour tous les élèves de son groupe, avec lesquels il a ensuite tenté d’organiser, au collège, un événement festif autour de ces chaussures lumineuses, ainsi utilisées comme signe de ralliement. Seraient-elles le vecteur efficace d’une communication avec les autres classes ? François et ses élèves sont allés informer chaque classe que les ULIS organisaient un événement : un rendez-vous était donné sous le préau, tel jour et à telle heure, avec pour consigne de porter les tennis. Les participants furent peu nombreux, pour de multiples raisons : difficulté à créer une synergie interclasse, crainte de se faire remarquer, de se faire prendre en photos, prévention contre les ULIS perçus comme trop marginaux. Néanmoins, les photos en témoignent, il y a eu «événement», un rassemblement – bref, on s’est amusé – qui fait penser aux performances qui ont fait date et sont entrées dans l’histoire de l’art, malgré le peu de témoins, voire sans aucun public. Finalement, cet atelier apparaît comme un esquif naviguant à contre-courant des phénomènes main-stream – que ce soit une mode ou le fait de la normalité scolaire. Une situation s’est construite à partir de la queue d’une comète, que François a fait scintiller : aux pieds des élèves, sur les visages et dans maints moments qu’aucun appareil photo ne peut saisir.

 

Anne Bonnin, extrait du communiqué de presse de l’exposition Ostrénanie!

 

The L.E.D. shoes day — François Lancien-Guilberteau

Carla Mora, Béni Assabe et Cécile Cohen (photo prise pendant l’atelier).